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À Tours, comment faire une place à la santé menstruelle à l’école ?

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Le 13 octobre à Tours, nous avons organisé une table ronde autour d’une question très concrète : comment intégrer la santé menstruelle à l’école et rendre les établissements scolaires adaptés aux règles ? Éducation nationale, collectivités et professionnel·les de santé étaient réuni·es pour aborder les différents leviers d’action.

Comprendre ce qui se passe dans son corps. Trouver une protection quand ses règles arrivent sans prévenir. Pouvoir aller aux toilettes pendant un cours. Savoir à qui parler lorsqu’on a mal.

Ces besoins font partie du quotidien des élèves. Pourtant, l’organisation des établissements, les espaces et l’accompagnement proposé ne permettent pas toujours d’y répondre. Faire une place à la santé menstruelle à l’école demande donc d’agir à plusieurs niveaux : dans les enseignements, auprès des équipes éducatives et dans l’environnement scolaire.

Comprendre ses règles avant de les avoir

L’éducation menstruelle était au cœur de cette rencontre. Les premières règles peuvent arriver dès l’école primaire : les élèves doivent pouvoir comprendre ce qui les attend, poser leurs questions et accéder à des informations fiables.

Les programmes d’éducation à la vie affective et relationnelle à l’école primaire (EVAR), et à la vie affective et relationnelle et à la sexualité au collège et au lycée (EVARS), constituent un cadre pour aborder ces sujets. Leur mise en œuvre et la place qu’y occupent les règles figuraient parmi les sujets abordés autour de la table.

Pour nous, l’enjeu est de transmettre des connaissances utiles au quotidien : comprendre son cycle, connaître les protections périodiques, reconnaître les situations qui nécessitent de demander de l’aide. Cette éducation concerne tous les élèves. Elle contribue aussi à faire reculer les moqueries et à permettre de parler des règles sans honte.

Donner aux équipes les moyens d’accompagner les élèves

L’éducation menstruelle se joue aussi en dehors des séances dédiées. Elle passe par la manière dont un·e adulte accueille une question, répond à une demande de sortie ou prend au sérieux une douleur.

La formation et l’outillage des équipes éducatives constituaient ainsi un deuxième axe de la rencontre. Informer les élèves des endroits où trouver des protections, identifier les personnes ressources, faciliter l’accès aux toilettes : autant de mesures concrètes à intégrer à la vie de l’établissement.

Les infirmières scolaires occupent une place essentielle dans cet accompagnement, en lien avec les familles et les professionnel·les de santé. Les possibilités d’orientation vers les soins et d’aménagement de la scolarité faisaient également partie du programme, notamment lorsque les symptômes menstruels empêchent de suivre les cours dans de bonnes conditions.

Avec nos formations et les ressources de notre plateforme digitale parlonsregles.fr , nous accompagnons les équipes pour leur permettre d’aborder ces situations et de faire une place durable à la santé menstruelle.

Adapter les espaces et l’organisation de l’école

« Si un prof ne veut pas nous faire sortir pour aller aux toilettes à cause des règles, je fais quoi ? »

Cette question d’élève résume un obstacle très concret. Pour changer sa protection, il faut pouvoir accéder aux sanitaires, disposer d’intimité et trouver les équipements nécessaires.

L’aménagement des toilettes, leur accessibilité pendant les cours et la mise à disposition de protections périodiques formaient le troisième volet de la rencontre.

À Tours, ces enjeux s’inscrivent notamment dans les travaux du Projet éducatif de territoire. Le programme prévoyait de présenter les réflexions sur l’intimité dans les sanitaires et la santé menstruelle, ainsi que les actions envisagées dans trois écoles pilotes.

Faire de la santé menstruelle un enjeu partagé

Animée par Emmanuelle Vedrenne, responsable de l’antenne Centre-Val de Loire, de Règles Élémentaires, cette table ronde réunissait Élise Pereira-Nunes et Sandrine Sousa-Pacheco pour la Ville de Tours, Pascal Létard pour l’Éducation nationale, Sophie Lizé-Robidas, médecin généraliste, et Justine Okolodkoff, directrice générale adjointe de notre association.

En réunissant ces différent·es acteur·ices, nous souhaitions mettre en lien les connaissances, les pratiques et les responsabilités de chacun·e. Car permettre aux élèves de vivre leurs règles dans de bonnes conditions nécessite une mobilisation collective.