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Journée internationale des droits des filles : les règles ne doivent plus être un obstacle à l’école

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Le 11 octobre, Journée internationale des droits des filles, nous rappelons une évidence trop souvent oubliée : avoir ses règles ne devrait jamais empêcher d’apprendre, de participer ou de se sentir bien à l’école. Pour que ce droit devienne une réalité, il faut des sanitaires adaptés, des protections accessibles et une éducation menstruelle de qualité.

Imaginez. Vos règles arrivent au milieu d’un cours. Vous n’avez pas de protection dans votre sac. Pas la possibilité de sortir de la classe.

Aux toilettes, la porte ne ferme pas. Vous essayez de la maintenir d’une main tout en changeant votre protection. Il n’y a pas de poubelle. Au lavabo, pas de savon.

Ces situations, les élèves nous les racontent depuis cinq ans, lors de nos ateliers d’éducation menstruelle. D’autres nous écrivent sur les réseaux sociaux. Une porte trouée, un verrou cassé, des protections introuvables dans les distributeurs (quand par chance il y a des distributeurs !) : derrière chacun de ces témoignages, il y a des jeunes qui doivent trouver des solutions pour répondre à un besoin pourtant élémentaire.

Avoir ses règles à l’école reste une source de stress

Dans notre étude Les règles à l’école, publiée en 2023, 80 % des filles interrogées déclarent trouver stressant d’avoir leurs règles à l’école. Et 36 % ont déjà manqué les cours à cause de leurs règles.

Ce stress peut prendre plusieurs formes : redouter une tache sur ses vêtements, subir des moqueries, ne pas savoir à qui demander une protection, avoir mal sans oser en parler, ou ne pas pouvoir se changer dans de bonnes conditions.

Les règles deviennent alors une préoccupation qui prend de la place pendant les cours, les récréations et les déplacements. Pour certaines élèves, elles conduisent à renoncer à une activité ou à rester chez elles.

Nous ne pouvons pas considérer ces difficultés comme une fatalité, ni laisser chaque élève se débrouiller seule.

La base : des toilettes adaptées

Pendant les règles, pouvoir accéder à des toilettes propres et préservant l’intimité est indispensable. Il faut pouvoir changer sa protection, se laver les mains et jeter une protection usagée.

Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, les élèves peuvent retarder le moment de se changer ou éviter les sanitaires. Elles doivent organiser leur journée autour d’équipements qui ne répondent pas à leurs besoins.

Une porte qui ferme, de l’eau, du savon et une poubelle : ce sont des conditions de base pour accueillir les élèves dignement.

L’accès aux protections compte tout autant. Dans notre étude de 2023, seules 36 % des filles interrogées indiquaient avoir accès à des protections périodiques gratuites dans leur établissement. Installer un distributeur ne suffit pas : encore faut-il qu’il soit accessible et régulièrement réapprovisionné.

L’éducation menstruelle généralisée

Les équipements sont essentiels. L’information l’est aussi.

Les premières règles peuvent arriver avant que l’on ait compris ce qui se passe dans son corps. Et les questions continuent bien après : comment choisir une protection ? Quand la changer ? À qui parler de ses douleurs ? Quand demander de l’aide ?

Sans information accessible et fiable, les idées reçues persistent. La honte aussi.

Nous défendons une éducation menstruelle pour tous les jeunes, qu’elles et ils aient leurs règles ou non. Comprendre les règles permet de mieux vivre les siennes, mais aussi de respecter celles des autres et de faire reculer les moqueries.

Cette éducation doit permettre de poser des questions sans jugement, de comprendre la diversité des vécus et de savoir vers qui se tourner. Elle doit également s’appuyer sur des adultes formé·es, capables d’écouter et d’accompagner les élèves.

Ce que nous demandons pour chaque établissement

Pour que les règles ne soient plus un obstacle à la scolarité, nous demandons :

  • Des sanitaires propres, sûrs et accessibles, avec des portes et des verrous fonctionnels, de l’eau, du savon, du papier toilette et des poubelles adaptées.
  • Des protections périodiques gratuites, disponibles dans des lieux identifiés et régulièrement réapprovisionnés.
  • La possibilité d’aller aux toilettes lorsque cela est nécessaire, sans devoir justifier ses règles devant la classe.
  • Une éducation menstruelle de qualité, intégrée aux apprentissages, adaptée à l’âge des élèves et ouverte à leurs questions.
  • Des équipes éducatives formées et des personnes ressources identifiées, pour que chaque élève sache à qui demander de l’aide.

Ces engagements doivent être accompagnés de moyens durables et d’un suivi de leur mise en œuvre. Les conditions dans lesquelles une élève vit ses règles ne devraient pas dépendre de son établissement ou de la mobilisation d’une seule personne.

Écouter les jeunes et agir sur ce qu’elles et ils dénoncent

Les mobilisations lycéennes font écho à des difficultés que nous entendons depuis des années sur le terrain. Les témoignages sur les sanitaires et le manque d’intimité méritent d’être pris au sérieux et de recevoir des réponses concrètes.

Chez Règles Élémentaires, nous intervenons dans les établissements pour informer les jeunes, ouvrir le dialogue et former les professionnel·les qui les accompagnent. Ce travail nous permet aussi de porter leur parole et de demander des changements à la hauteur de leurs besoins.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des filles, nous rappelons que l’égalité se joue aussi dans ces situations quotidiennes.

Pouvoir vivre ses règles à l’école sans honte, sans renoncer aux cours et sans manquer du nécessaire doit être garanti à chaque élève.